jeudi 26 novembre 2009

qu’est-ce que l’homme parfait et achevé ? 26/36



XXVI

L’homme de Locke, en tant que sensation, qu’est-il ? Un morceau d’homme, proclamé homme. Ici, nous avons encore un nouveau sous-homme, un nouveau monstre humain. En effet, que sont les sens sans l’âme ? Un violon à cinq cordes, mais sans violoniste.


saint Justin Popovitch dans "L'Eglise orthodoxe et l'œcuménisme" (extrait)

lundi 23 novembre 2009

qu’est-ce que l’homme parfait et achevé ? 25/36



XXV


Tout ce qui vaut pour le surhomme, vaut aussi pour tous ses ancêtres et descendants. Ainsi, l’homme naturel de Rousseau, n’est rien d’autre qu’un demi-homme, parce que tout ce qui est surnaturel lui a été ôté. Le demi-homme est le même que le sous-homme, parce qu’en lui croissent, sans obstacle, tous les vices contre nature, nourris, flattés par la culture humaniste et par l’éducation.


saint Justin Popovitch dans "L'Eglise orthodoxe et l'œcuménisme" (extrait)

mardi 17 novembre 2009

qu’est-ce que l’homme parfait et achevé ? 24/36


XXIV

Et ici de terminer le drame du surhumanisme : l’homme nouveau a été créé, c’est le surhomme ! Depuis l’embryon de Rousseau, l’homme humaniste s’est transformé en surhomme. Mais qu’est-il en son essence ce surhomme ? De quoi est-il constitué ? D’un seul instinct, de l’instinct d’auto-conservation. Et s’il est impossible que le plus petit insecte soit constitué d’un seul instinct, comment est-il possible que l’être le plus complexe sur la terre, soit constitué d’un seul instinct ? Ici, dans tout le règne animal, où se trouvent plus de six cent mille espèces d’animaux, il n’y a pas un moustique ou pro-moustique qui soit formé d’un seul instinct, fût-ce l’instinct d’auto-conservation. Et malgré cela, Nietzsche a proclamé surhomme cet unique, ce seul instinct. Voici pourquoi, son surhomme est, en réalité, un sous-homme, c’est-à-dire un non-homme ; ou, si vous voulez, le surhomme c’est la caricature la plus géniale de l’homme sur cette planète pleine de ténèbres.


saint Justin Popovitch dans "L'Eglise orthodoxe et l'œcuménisme" (extrait)

mercredi 4 novembre 2009

qu’est-ce que l’homme parfait et achevé ? 23/36


XXIII


 
 
Ensuite, l’Europe à la recherche de l’homme nouveau s’est dirigée vers les êtres inférieurs à l’homme et a commencé à chercher en eux l’origine de l’homme, afin, peut-être de créer en se fondant sur le règne animal, d’une certaine manière, un homme sans Dieu. La joie fut grande et des cris hystériques se sont fait entendre, quand fut annoncée à l’Europe l’hypothèse que l’homme descendait du singe ou d’autres mammifères. C’est alors qu’apparut dans ce monde de la pensée de l’Europe, Nietzsche, avec ses ouragans et ses séismes. Avec la passion du prophète et la flamme du poète, il a annoncé au monde son évangile sur le surhomme. Embrassé par les concepts plutôt que par les sentiments, il a tiré du volontarisme de Schopenhauer et de l’évolutionnisme de Darwin, l’audacieuse mais logique conclusion : si le singe est un chaînon transitoire vers l’homme, pourquoi l’homme ne serait-il pas un chaînon transitoire vers le surhomme ? Vu surtout que l’homme est un être pour la victoire et le dépassement. « Ce qu’est le singe pour l’homme ? Quelque chose de ridicule et une triste honte. Il en doit être de même pour l’homme par rapport au surhomme : il est quelque chose de ridicule et une triste honte ». Le surhomme c’est le sens même de la terre et le but de l’histoire. De quoi est fait le surhomme ? Il est fait de quatre éléments et principes :
 
1) Il est nécessaire que Dieu soit tué. « Ô vous les homme supérieurs, dit Zarathoustra en s’adressant à ses disciples, ce Dieu était le plus grand dangers pour vous ». Mais soyez sans crainte « Dieu est mort », proclame Zarathoustra, il n’y a plus pour vous de danger, il n’y a plus d’obstacle à l’apparition du surhomme.

2) Le second principe c’est : n’ayez pas de pitié pour le prochain de ce qu’il tombe, il faut même le pousser.

3) Le troisième principe : le plus important de tout c’est le désir irresponsable et impitoyable de puissance.

4) Le quatrième principe c’est que tout est permis. Pour le surhomme, il n’y a ni bien, ni mal ; il vit par-delà bien et mal, au-delà de la vérité et de l’erreur, au-delà de la conscience et de la responsabilité.

 
 
saint Justin Popovitch dans "L'Eglise orthodoxe et l'œcuménisme" (extrait)

samedi 31 octobre 2009

qu’est-ce que l’homme parfait et achevé ? 22/36


XXII


Mais les volontocrates, avec Schopenhauer et Sterne en tête, protestent car ce qui, en l’homme, est le plus remarquable a été négligé. L’homme ne peut être résumé ni à ses sens, ni à sa raison, ni à son être nu, ni à rien d’autre. Il est avant tout : volonté. Oui, disent-ils, l’homme, en tant que volonté, est l’homme vrai, c’est lui qui est l’homme nouveau.



saint Justin Popovitch dans "L'Eglise orthodoxe et l'œcuménisme" (extrait)

jeudi 29 octobre 2009

qu’est-ce que l’homme parfait et achevé ? 21/36


XXI


L’homme cependant, lorsqu’il est résumé aux sens, est un être très primitif et rudimentaire. C’est pourquoi la philosophie rationaliste, avec Descartes et Kant en tête, propose un nouveau type d’homme : l’homme comme logique. L’homme est avant tout et par-dessus tout un être raisonnable. Il s’ensuit que l’homme est homme par la raison logique. Tout le reste en lui est si insignifiant que rien ne peut revendiquer la primauté dans l’être de l’homme.



saint Justin Popovitch dans "L'Eglise orthodoxe et l'œcuménisme" (extrait)

mardi 27 octobre 2009

qu’est-ce que l’homme parfait et achevé ? 20/36


XX


Rousseau a emprunté beaucoup de choses à la nature et les a introduites dans l’homme. Cependant, les questions suivantes se posent :
- De quoi est faite la nature elle-même de l’homme ?
- Elle est faite de sens, répond la philosophie sensualiste de Locke et de Hume.
Toute la nature de l’homme est tirée (déduite) des sens et elle se résume dans les sens. Quand ce qui n’est pas nécessaire à l’homme est ôté, alors les sens demeurent et c’est par eux que l’homme est homme.



saint Justin Popovitch dans "L'Eglise orthodoxe et l'œcuménisme" (extrait)

mardi 20 octobre 2009

qu’est-ce que l’homme parfait et achevé ? 19/36


XIX


Et alors apparaît Rousseau avec sa théorie selon laquelle l’homme doit retourner à la nature et expulser hors de lui tout surnaturel ; car n’est bon que ce qui est naturel. L’homme naturel est le meilleur homme. Ici se trouve formulée toute la morale de l’Emile de Rousseau, toute sa pédagogie.




père Justin Popovitch dans "L'Eglise orthodoxe et l'œcuménisme" (extrait)

jeudi 8 octobre 2009

qu’est-ce que l’homme parfait et achevé ? 18/36


XVIII


La Renaissance a empli d’espérance beaucoup de cœurs. Ceci était naturel parce que l’homme européen avait été vraiment fané par le Vaticanisme. Par la scholastique vampirisante en philosophie et le jésuitisme anthropophage en morale, le Vaticanisme avait sucé à l’homme européen ses forces vives et créatrices. Ensuite, le renouvellement de l’homme européen fut considéré comme une nécessité primordiale, sa régénération par l’esprit humaniste de la Grèce antique, pour que fût évitée sa mort. Pour réaliser cela, il était nécessaire que l’homme européen fût, tout d’abord éloigné du Christ et qu’il rompît ensuite tout lien avec les mondes invisibles d’en haut.



père Justin Popovitch dans "L'Eglise orthodoxe et l'œcuménisme" (extrait)

lundi 28 septembre 2009

qu’est-ce que l’homme parfait et achevé ? 17/36 (avec la culture)


XVII


La culture sans la sainteté, c’est-à-dire la culture sans la sanctification par le Saint Esprit et sans l’achèvement et le perfectionnement par le Dieu-Homme, la culture athée, l’Europe l’a conçue dans son humanisme païen. Peu importe si cette idolâtrie se manifeste dans la divinisation du Pape ou dans la divinisation de la culture, de la science, de la civilisation, de l’art, de la politique, de la mode. Partout, la tendance dominante, c’est d’organiser l’homme, la société et le monde sans Dieu, sans Christ. Cela vaut aussi pour la culture. Là aussi, la principale préoccupation c’est d’éclairer l’homme et l’humanité sans le Christ Dieu. C’est cette direction que la culture humaniste a prise pour créer l’homme nouveau ; le plan de cet homme nouveau est classiquement simple et simpliste : dans cet homme nouveau, il ne saurait y avoir le Christ, ni rien du Christ. L’Europe s’est livrée à cette œuvre, elle a commencé à créer un homme nouveau, sans Dieu, une société sans Dieu, une humanité sans Dieu.



père Justin Popovitch dans: "L'Eglise orthodoxe et l'œcuménisme" (extrait)

mercredi 16 septembre 2009

qu’est-ce que l’homme parfait et achevé ? 16/36


XVI


Et tous les saints de l’Eglise Orthodoxe de Dieu sont la démonstration de cela. La culture et l’éducation ne sont pas autre chose que l’extension de la sainteté, que son rayonnement. Le saint émet la Lumière, c’est pourquoi il illumine, éclaire et instruit. La culture présuppose avec tout son être la sainteté. Seul le saint est, en réalité, un vrai pédagogue. Sans les saints, il n’y a pas de vrais maîtres, de vrais pédagogues et pas d’avantage de vraie culture sans sainteté. La sainteté n’est sainteté que dans la Lumière divine. La vraie culture et l’illumination, ne sont rien d’autre que le rayonnement de la sainteté. Seuls les saints sont vraiment éclairés. La sainteté ne vit et ne respire que par la Lumière, elle rayonne et agit dans la Lumière. Il y a donc une certaine identité entre la sainteté et l’illumination. En effet, la culture signifie illumination, l’illumination par la sanctification dans le Saint Esprit qui est le Porteur, le Créateur de la sainteté, de la lumière et de la science. Les saints étant sanctifiés et illuminés par le Saint-Esprit, sont pour cela des vrais pédagogues.


père Justin Popovitch dans "L'Eglise orthodoxe et l'œcuménisme" (extrait)

vendredi 21 août 2009

qu'est-ce que l'homme parfait et achevé ? 15/36


XV



-Quels sont ces moyens et ces forces ?
-Les saintes vertus évangéliques: la foi et l’amour, le jeûne et la prière, la douceur et l’humilité, la miséricorde et la bonté, l’espérance et la patience, la vérité et la justice. Ces vertus réalisées produisent un homme saint, c’est-à-dire un homme parfait et achevé. Un tel homme connaît le vrai sens du monde et de la vie et il œuvre de tout son être pour réaliser le but assigné dans tous les domaines de l’activité humaine. Tissé par les saintes vertus, un tel homme puisse sans cesse, avec l’aorte de son être, toutes les forces immortelles qui jaillissent sans tarir du Dieu-Homme. C’est pourquoi il se sent, déjà en cette vie, immortel et éternel. Ces vertus évangéliques sont les conductrices de la divine Lumière ; chacune d’elles introduit en l’homme une gerbe de Lumière. A cause de cela, le saint rayonne, éclaire et illumine. Il porte en lui «Lumière du monde». Cette Lumière-là éclaire le monde entier pour qu’il en voie le sens éternel et la valeur éternelle. Cette «Lumière du monde» est en même temps, la «lumière de la vie» ; elle éclaire la voie qui conduit l’homme à la vie immortelle et éternelle. En notre monde humain, la lumière et la vie sont synonymes, comme sont synonymes les ténèbres et la mort.



père Justin Popovitch dans "L'Eglise orthodoxe et œcuménisme" (extrait)