mardi 9 février 2010

MODESTES PENSEES sur LA VRAIE PIETE


L’homme égoïste et plein de malice est misérable. Seuls ceux qui entendent en eux la voix du Seigneur sont bienheureux. Les premiers sont comme le figuier maudit qui ne portait pas de fruits. Ils nient tout et n’offrent pas de fruits sur la route de Dieu ; au contraire, ils y dressent des embûches pour eux-mêmes et pour les autres. Philothée le Patriarche a dit justement : « Que l’amour pour Dieu nous rend parfaits et nous exhorte à l’amour du prochain ». Le Seigneur amollit l’âme ou l’endurcit, selon la disposition de l’homme. C’est pourquoi Dieu a dit : « Devant ceux qui marchent droit, j’ouvrirai une voie droite et devant ceux qui ne marchent pas droit, j’ouvrirai une voie tortueuse… »

Le sage Origène dit que Dieu emploie ce langage, comme le ferait le soleil s’il pouvait parler et dire : « Moi je dissous et je dessèche », et bien que ces deux expressions s’opposent, il ne mentirait pas, car sa chaleur "fait fondre la cire et dessèche la boue".

Donc le mystère de l’illumination s’accomplit en fonction de la disposition intérieure de chacun. La crainte de Dieu fait pousser en l’homme la plante odoriférante de la reconnaissance qui donnera la fleur merveilleuse de l’humilité.

O Reconnaissance ! Sentiment fructueux, riche, vivifiant. Ceux qui ne te possèdent pas ignorent qu’ils détruisent leur être, qu’ils refusent de vivre.

O Humilité ! Tendre nourricière de l’âme. Celui qui ne te possède pas est un mort-né. Le sage Sirach a dit : « La prière de l’humble dissipe les nuées ». L’humilité est un flambeau allumé par la main de Dieu avec l’étincelle de la foi.






samedi 6 février 2010

MODESTES PENSEES sur LA VRAIE PIETE P.Kontoglou


Prends garde que ta malice ne t’égare pas en te faisant dire au fond de toi-même que les paroles des saints sont des paroles creuses. Non, les paroles des saints sont des paroles divines proférées par la bouche des saints. « Ce n’est pas à dire que nous soyons par nous-mêmes. Notre capacité au contraire vient de Dieu », dit l’apôtre Paul.


Ainsi l’homme doit se frayer, dans la crainte, la voie de son salut. Saint Oecuménios dit qu’il nous faut seulement « offrir à Dieu notre disposition à la piété et désirer le bien dans la crainte et le tremblement. Alors Dieu fortifie notre désir et nous rend capables de faire le bien ».

La bouche plus que pure, plus que vraie du Seigneur a dit : « Demandez et vous recevrez, frappez et on vous ouvrira » et aussi « celui qui possède recevra davantage et celui qui n’a rien, il lui sera ôté le peu qu’il a ».




jeudi 4 février 2010

MODESTES PENSEES sur LA VRAIE PIETE P.Kontoglou



Ces âmes bornées pensent échapper au Redoutable Jugement en disant : "Nous voulons bien croire, mais nous ne le pouvons pas ". Misérable ! Dans le fond de ton être tu ne désires pas croire, c’est pourquoi ce don précieux ne t’est pas donné. Commence par te purifier, ensuite tu croiras. Dans un champ plein de ronces, la fragile semence de la foi ne saurait germer.


Tous, nous sommes invités au riche banquet du Salut. Dieu notre Père a le même amour pour tous, car tous nous sommes sortis de ses entrailles. "Le Seigneur a répandu sa sagesse sur toute chair, Il l’a donnée à tous ceux qui L’aiment", a dit Sirach le sage.

 
 

lundi 1 février 2010

MODESTES PENSEES sur LA VRAIE PIETE P.Kontoglou


Celui qui n’a jamais vu la lumière en nie l’existence. Il ignore qu’elle vivifie, qu’elle dispense la joie. L’homme le plus éloquent ne peut la décrire à l’aveugle. Il en est de même pour la lumière de l’âme –et cela est plus grave– car si l’aveugle ne peut comprendre la lumière, il sait cependant qu’il est privé d’un grand bien. Il pleure sa cécité et se lamente sur son malheur. Mais celui qui est aveugle d’âme, intérieurement plongé dans les ténèbres, ignorant ce qu’il a perdu, prétend posséder les yeux les plus sains et pense que lui et ceux qui lui ressemblent se trouvent dans la lumière, bien qu’ils tâtonnent dans l’obscurité, et si quelqu’un s’aventure à parler de la lumière de l’âme, il se moque et rit de lui.

De cet homme, la Sainte Ecriture dit : « La piété répugne au pécheur », et ailleurs le prophète ajoute : « La parole de Dieu fait vomir de tels hommes… ».



mardi 26 janvier 2010

Quelques notes sur Photios Kontoglou 3/3



Critique à l’égard d’un art qui oubliait sa raison d’être, pour tomber dans la distraction, Photios Kontoglou l’était aussi à l’égard des critiques d’art modernes qui, voulant juger des icônes avec les mesures de la Renaissance, n’aboutissaient à rien. Ainsi, André Grabar avait, selon lui, une méthode purement occidentale. Ce qui fait que les détails historiques ou archéologiques qu’il donne sont utiles, mais son jugement sur les œuvres est vide ; il est resté « en dehors du voile », il n’a pas pénétré dans le saint des saints de l’art orthodoxe.


L’art, pour Kontoglou, vise don quelque chose de plus que la nature ou les analogies naturelles. « La vérité dans l’art, observe-t-il, est plus profonde que les analogies et que la naturalité, elle se trouve dans l’essence de chacune des choses que fait l’artiste ».

Photios Kontoglou oppose donc, de façon significative, le naturalisme et la vérité. Le réalisme n’est pas vrai, parce que la nature que voient nos yeux pécheurs n’est pas la vérité, mais le masque de la vérité. En se renfermant dans la représentation de la vie dite naturelle, les peintres occidentaux, à partir de la Renaissance, ont manqué la vie surnaturelle qui sourd de la vision iconographique et du monde transfiguré. Ils ont lâché la proie pour l’ombre. Le résultat, c’est que les œuvres occidentales modernes sont « sans joie et sans âmes ». Au contraire, « les œuvres de l’art byzantin sont les plus initiatiques (apokaluptika) que l’homme ait jamais faites. Ce mysticisme n’a aucun rapport avec le mysticisme morbide du Nord, il est, au contraire, plein de santé, de bonheur et de richesse, quoiqu’il soit austère et ascétique »

Tout cela ne restait pas, chez Kontoglou, pure théorie. Non seulement il avait forgé ces idées en regardant les icônes et en les écrivant, mais il était aussi allé au Mont Athos pour exhorter les moines, alors acquis aux techniques occidentales, à embrasser de nouveau la voie traditionnelle. Il avait obtenu à peu près autant de succès que saint Paul l’Aréopage. Toutefois, son ascèse d’iconographe a porté ses fruits ; et si, un peu partout, on revient aujourd’hui à l’iconographie véritable, ce retour est dû en grande partie à ses efforts.

« L’art de Byzance est, pour moi, l’art des arts… Seul, cet art nourrit mon âme de ses forces profondes et mystérieuses, seul il apaise la soif que je sens au milieu de ce désert aride qui nous encercle. Face à l’art byzantin, les autres me paraissent légers, "ils s’inquiètent pour beaucoup de choses", alors qu’ "une seule chose est nécessaire". Cet unique nécessaire, celui qui l’a compris, l’a vraiment compris ».



mardi 19 janvier 2010

Quelques notes sur Photios Kontoglou 2/3



Photios Kontoglou a souligné, dans ses écrits, combien la nouveauté radicale de l’art picturale chrétien le sépare de toute forme d’art différente. Kontoglou était ainsi très critique à l’égard de l’art de la Renaissance, dans lequel il voyait, non une avancée de l’homme, mais une régression spirituelle, une incapacité à saisir la beauté véritable des modèles de l’iconographie traditionnelle. Ce n’est pas à dire que les peintres de la Renaissance aient manqué de talent : ce dont ils manquaient, c’est la foi. Ils n’avaient pas la spiritualité des iconographes byzantins. N’osant pas renier le Christ ouvertement, ils représentaient des scènes de Sa vie, et des saints, mais avec l’esprit du monde. Pour Kontoglou, comme pour Ouspensky dont il avait traduit et annoté la brochure sur les icônes, l’art de la Renaissance était « un art profane à sujet religieux ».


Il ne faudrait pas croire que cette position fût, chez Kontoglou, la conséquence d’un quelconque chauvinisme artistique. Tout au contraire. Il a commencé par admirer la Renaissance italienne, et son amour exclusif de l’iconographie est venu d’un mouvement de retour et d’approfondissement. En même temps, cette recherche lui a fourni les critères pour apprécier le développement historique de la Renaissance. Pour lui, Cimabue peint encore de façon purement orthodoxe ; Giotto (1276-1337) est à la frontière : quand il peint l’Entrée du Christ à Jérusalem, la représentation de l’âne est déjà une image naturaliste, tandis que le Christ est encore iconographié.

 Ensuite, le goût de la copie de la nature telle qu’elle se donne l’emporte. Ces œuvres naturalistes sont, dit Kontoglou, privées de mystères et du recueillement qui caractérisent les icônes.

Le but du véritable art religieux est atteint par la sobriété, la simplicité, la force et la piété des icônes.

« En les regardant, celui qui prie est apaisé et attendri ».

lundi 18 janvier 2010

Quelques notes sur Photios Kontoglou 1/3



Peintre d’icônes portatives et peintre d’églises, Photios Kontoglou a renoué avec la vraie tradition iconographique, dite byzantine. Il en a non seulement repris les méthodes, mais retrouvé l’esprit.


Kontoglou a été non seulement un grand peintre et un grand critique d’art, mais aussi un initiateur, un mystagogue. Car il s’est rapproché, plus qu’aucun autre, de cet art total, de cette unité de l’art, dont rêvent tous les grands modernes, en comprenant que c’était dans l’Eglise seulement qu’un tel art existait.


Les deux idées principales qui traversent l’œuvre de Kontoglou sont, premièrement, qu’il existe une différence d’essence entre ce que nous appelons « l’art sacré » et « l’art profane » et qu’il est peu légitime de les voir comme deux espèces à l’intérieur d’un genre qui serait celui de « l’Art », parce qu’ils ne s’accordent pas. La deuxième idée est que l’art chrétien, l’art liturgique, est un dans toutes ses manifestations : architecture, musique, iconographie, littérature. Il est un, parce que son but est un et qu’il se fonde sur la Pierre angulaire, le Christ.

lundi 11 janvier 2010

culte des saintes icones, traits fondamentaux. I.Kireievski



« Je considérais un jour dans certaine chapelle une merveilleuse icône de la mère de Dieu, et je méditais sur la croyance enfantine du peuple qui venait prier devant elle. Femmes, vieillards, malades s’agenouillaient, se signaient, se jetaient à terre, face à l’icone. Je fixai attentivement le saint visage… et soudain me fut dévoilé le secret de sa prodigieuse puissance. Je n’avais plus sous les yeux un simple tableau peint. En lui se sont accumulées durant d’innombrables générations les prières spirituelles, les supplications passionnées d’humains déshérités, accablés de maux et de peines ; l’icône s’était ainsi saturée de cette puissance de la foi qui ensuite en rayonne pour se refléter dans le cœur des suppliants. Elle est devenue un être vivant, en qui se rencontre le créateur et la créature. En poursuivant ces pensées, je regardai derechef les femmes, les vieillards et les enfants prosternés dans la poussière devant la sainte icône, puis je me remis à la considérer elle-même. Les traits de la mère de Dieu s’animèrent tout à coup, la vie les pénétra. Les regards de ses yeux remplis d’amour et de pitié descendaient sur ces simples fidèles… ; je m’agenouillai avec eux tous et je priai humblement. »

Ivan Kireievski

vendredi 8 janvier 2010

à la rencontre du Christ


Ceux qui ont besoin de pain vont en chercher le boulanger et ceux qui veulent du vin, vont chez le caviste ; de même ceux qui ont voulu célébrer par des chants et des hymnes les fêtes du Christ, se sont adressés à un fournisseur de qualité, à saint Grégoire de Naziance, appelé aussi le Théologien par excellence.


saint Nicodème l’Athonite, commentaires sur les Canons des Fêtes du Seigneur.

jeudi 7 janvier 2010

anamnés...... Kainotomia




Message aux abonnés ainsi qu’aux lecteurs: le titre de ce blog va changer par Kainotomia. Une explication de ce choix, ainsi qu’une présentation aux lecteurs de ce blog va bientôt être faite dans un encadré sur la colonne à droite.


Par ce message je tiens à remercier http://www.moinillon.net/ , http://orthodoxologie.blogspot.com/ , http://stmaterne.blogspot.com/ , http://orthodoxe-ordinaire.blogspot.com/ , ainsi que d’autres en différentes langues, qui, quoique indirectement, m'ont donné la force de me lancer dans, permettez-moi l’expression ; l’aventure du net, afin de faire connaître en français, l’Orthodoxie aussi par ce biais.

Sans hésitation et sans crainte marchons avec le Christ notre Dieu, car rien n’est plus fort que la Vérité qu’Il incarne.

jeudi 31 décembre 2009

cf. Col. 1: 15-16 (homothéos)



« LE VERBE S’EST FAIT CHAIR », signifie enfin : le Verbe s’est fait homme parfait, Dieu-Homme. Dieu demeure dans ses limites et l’homme dans les siennes, bien que liés l’un à l’autre, étroitement, indissolublement, inséparablement. L’homme a fait siennes toutes les perfections indicibles de Dieu, il a acquis l’éternité divine, la gloire divine, devenant "semblable à Dieu" (homothéos) selon l’expression des saints Pères.

saint Justin Popović (Popovitch) dans "le Sens de la Vie du Monde" (extraits)

mardi 29 décembre 2009

cf. 2 Pierre 1: 4



« LE VERBE S’EST FAIT CHAIR », signifie encore ceci : le Verbe s’est fait créature. Mais la nature de Dieu ne perd aucune de ses propriétés divines, pas plus que la nature de la créature ne perd ses propriétés créées. La créature passe à travers de merveilleuses métamorphoses qui la font monter de gloire en gloire.

saint Justin Popovitch (Popović)