lundi 20 décembre 2010

Confirmation de la foi en l'Incarnation


On ne peut limiter l’art des icônes ni à une école, ni à un auteur, aussi génial soit-il, ni à aucune autre caractéristique superficielle. Tout cela est accidentel. De même, l’iconographie ne peut être représentée par un seul auteur ou une seule école, ni même par telle ou telle technique. L’essentiel, dans l’iconographie, c’est son but, qui est le témoignage de l’Incarnation, et par là l’aide qu’elle apporte à tout homme dans sa communion avec Dieu. C’est bien une aide, et non pas une fonction d’intermédiaire, que l’iconographie est appelée à fournir, « car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous » (1 Tm 2, 5-6). Cette aide consiste à témoigner de la possibilité du perfectionnement spirituel, de la transfiguration de l’humanité, représentée sur l’icône. Elle pousse le fidèle à aspirer à cette perfection, c’est-à-dire, finalement, à œuvrer pour sa déification (théosis).

Père Georges Drobot dans Icône de la Nativité p.49-50.

samedi 4 décembre 2010

cf. Marc 9:23


Quelque bonne pensée te vient-elle à l’esprit ? Arrête-toi ! En aucun cas ne te précipite pour la réaliser sans l’examiner, sans l’examiner, sans réfléchir. Ressens-tu dans le cœur quelque bonne inclination ? Arrête-toi ! Ne te laisse pas entraîner par elle. Consulte l’Evangile. Examine si ta bonne pensée ou si la bonne inclination de ton cœur sont conformes au saint enseignement du Seigneur. Très vite tu verras qu’il n’y a aucun accord entre le bien de l’Evangile et le bien de la nature humaine déchue. Le bien de notre nature déchue est mêlé de mal, et c’est pourquoi il est lui-même devenu mal, comme un mets délicieux et sain devient poison lorsqu’on l’y mélange.

Garde-toi de faire le bien de la nature déchue. En le faisant, tu travailles à ta propre chute, tu développes en toi la présomption et l’orgueil, et tu finiras par avoir une extrême ressemblance avec les démons. Au contraire, en accomplissant le bien selon l’Evangile, comme un vrai et fidèle disciple du Dieu-Homme, tu deviens semblable à Lui. Celui qui aime sa vie la perd, a dit le Seigneur, et celui qui cesse de s’y attacher la gardera pour la vie éternelle (Jn 12, 25).

saint Ignace (Briantchaninov) dans Introduction à la tradition ascétique de l’Eglise d’Orient  p.35

vendredi 26 novembre 2010

La source inépuisable de la grâce


Toute opération divine dans le monde créé appartient inséparablement aux trois Personnes de la Trinité, car elles n’ont qu’une même opération, comme elles ont une unique essence. Mais chacune cependant de ces divines Personnes l’exerce selon son mode propre. En ce qui concerne les énergies qui sanctifient l’homme, le Père en est la source première ; le Fils, dont la sainte humanité elle-même, depuis la Résurrection, possède la plénitude de la grâce déifiante, la communique aux hommes à travers cette nature humaine glorifiée, faisant d’eux les membres de son Corps, dont ils reçoivent ainsi la vie divine ; le Saint-Esprit, dont le nom, en hébreu et en grec évoque le souffle et l’inspiration, a de ce fait une affinité particulière avec cette grâce, appelée don du Saint-Esprit, dont le chrétien reçoit les prémices au baptême.




Archimandrite Placide Deseille dans : [ corps – âme – esprit ] par un orthodoxe p.26-27

vendredi 5 novembre 2010

Abba, dis-moi une parole


L’Abba Palladios disait : l’âme qui veut vivre selon la volonté du Christ devrait apprendre attentivement ce qu’elle ne sait pas encore, ou enseigner ouvertement ce qu’elle sait.  Mais si, alors qu’elle le peut, elle ne désire faire aucune de ces deux choses, c’est qu’elle est atteinte de folie. Car ceux qui s’éloignent de Dieu commencent par être dégoûtés d’apprendre et éprouvent un manque d’appétit de ce dont l’âme est affamée quand elle cherche Dieu.

vendredi 22 octobre 2010

« déification » but de la vie chrétienne


Que le contenu du salut apporté par le Christ aille jusqu’à une divinisation de l’homme (corps, âme et esprit) par les énergies divines incréées de la Sainte Trinité, voilà qui, sans doute, n’est pas très familier à la conscience chrétienne occidentale. Et pourtant, en cette vérité le cœur du christianisme et l’affirmation chrétienne la plus proche, peut-être, des attentes secrètes, des aspirations profondes et implicites que porte en lui l’homme contemporain, insatisfait d’une existence qui a perdu le sens du geste vertical, de la troisième dimension.

Cette vérité centrale du christianisme, nous la sentons sous-jacente à tous les textes liturgiques. De ces derniers on peut dire qu’ils constituent un hymne ininterrompue à la lumière divine manifestée dans les saints, mais, avant tout, bien sûr, dans la théophanie de Celui que l’Eglise appelle : « Soleil immortel de la gloire », « Auteur de la lumière », « Astre sans crépuscule », « Soleil de justice », « Etoile du matin et de la justice », « la Lumière intemporelle », « lumière du monde », « Chandelier porteur de lumière », « Celui qui, comme d’un vêtement, est revêtu de lumière ».

Tout au long de l’année, l’Eglise chante cette lumière incréée des énergies divines resplendissant sur le visage de ceux qui ont acquis le Saint Esprit.

Père André Borrély dans l’homme transfiguré p.163-164

lundi 4 octobre 2010

...ce n'est pas toi qu'il rejette, mais c'est moi (1 Samuel, 8, 6-9)


Comme il fallait descendre de la cime de la Sainte Montagne, nous nous sommes levés et en chantant dans nos cœurs des louanges à Dieu, sautant plutôt que marchant, nous avons dévalé la pente du Mont de la Transfiguration. Grégoire Palamas a écrit que pour les moines qui désirent vivre en vérité, il est pénible d’avoir des relations, non seulement avec des laïques, mais aussi avec des moines, parce qu’elles interrompent l’union à Dieu et disloquent l’unité de l’intellect qui se trouve alors déchiré et dispersé entre plusieurs pensées.

Ainsi convient-il que tout moine vive l’expérience de l’unité de l’intellect pour pouvoir comprendre combien peuvent être désagréables les discussions, surtout celles qui portent sur des questions étrangères à leur centre d’intérêt spirituel.


Nous avons pris congé des laïques sympathiques qui étaient avec nous, en mettant fin aux sujets quelque peu éloignés du sens théologique de la journée


Mais auparavant, pour clore la discussion abordons la question des problèmes sociaux qui occupent tant le monde.


-« Les problèmes de société existent assurément, et ceux qui ont la lumière de la foi les résolvent dans la prière : vous avez lu dans l’Evangile l’hymne des hommes à la Providence de Dieu (Mt. 6, 24 à 34), et le Grand Basile ne dit-il pas : Lorsque j’évoque dans mon esprit les dons infinis et les bienfaits de Dieu, je suis rempli d’émerveillement et d’extase. Seigneur, celui qui te loue, et se sent incapable de te louer, est digne de ta gloire.
Nous avons un Père tout puissant qui nous nourrit : votre père céleste connaît tout ce dont vous avez besoin. »


-« Certes, le croyant résout, dans le domaine de la foi en Dieu, tous ces problèmes, mais la masse des hommes qui ont perdu la foi, s’ils l’ont jamais eue, ou l’ont faiblement, que deviennent-ils ? »


-« Seul l’être humain qui vit en Dieu se trouve dans la situation naturelle de créature raisonnable, existe moralement et spirituellement. »


-« Que pensez-vous de cette formulation ? »


-« Ce qu’a dit le Christ lui-même : laisse les morts enterrer les morts, et le prophète David : ceux qui s’écartent de toi périront. Les problèmes donc, au fond, sont une dépendance sans fin des phénomènes de mort, d’obscurité, d’incroyance, de chaos. Par suite, il faut que la grâce, qui donne la vie à l’âme et la lumière qui vient de Dieu, résolvent l’ensemble des problèmes de l’être humain : sans elles, on peine en vain. Certes, malgré l’opposition de l’homme à se soumettre à Dieu, l’histoire du monde aboutira finalement là où Dieu la dirige. Le monde n’existe que dans la mesure de sa soumission à Dieu ; dans la mesure de sa non-soumission, il est mort. »

Ecrits du Mont-Athos, (traduction M-J Monsaingeon), p.187-188, éd. Axios

mercredi 29 septembre 2010

Capable d’être l’un ou l’autre


Ce que l’homme moderne ne comprend pas, à quoi il est devenu sourd et aveugle, c’est la vision chrétienne fondamentale de la mort selon laquelle la mort biologique ou physique n’est pas toute la mort, n’est même pas son essence ultime. Dans cette vision chrétienne, en effet, la mort est avant tout une réalité spirituelle, que l’on peut connaître alors qu’on est en vie et dont on peut se libérer lorsqu’on est couché au tombeau. La mort, ici, est le fait de se séparer de la vie, ce qui signifie se séparer de Dieu, qui est le seul Donateur de vie, qui Lui-même est la vie. La mort est le contraire non pas de l’immortalité –car tout comme il ne s’est pas créé lui-même, l’homme n’a pas le pouvoir de s’annihiler lui-même, de revenir à ce nihil dont il a été amené à l’existence par Dieu, et dans ce sens il est immortel–, mais de la vraie vie « qui était la lumière des hommes » (Jn 1, 4). Cette vraie vie, l’homme a le pouvoir de la rejeter et ainsi de mourir, de sorte que son immortalité même devient mort éternelle. Et cette vie, il l’a rejetée. C’est là le péché originel, la catastrophe cosmique initiale que nous connaissons non pas sur le plan de l’histoire, non pas rationnellement, mais au moyen de ce sens religieux, de cette mystérieuse certitude intérieure en l’homme qu’aucun péché ne pourra jamais détruire, qui le pousse toujours et partout à rechercher le salut.


 R.P.  Alexandre Schmemann : D’EAU ET D’ESPRIT , p.103 DDB

lundi 20 septembre 2010

assumer tout l'héritage



La doctrine chrétienne n’a pas seulement une origine historique, mais encore et surtout des sources mystiques et charismatiques : l’expérience de la foi et celle des mystères ou sacrements. Ce n’est pas seulement dans l’histoire que le Christ est révélé à l’Eglise, ni seulement dans l’Evangile. Il s’y manifeste sans cesse et immuablement. Il y vit. Plus exactement, l’Eglise vit ou est vivante en lui.


R.P. Florovsky : LA TRADITION, LA PENSEE ORTHODOXE, p.68 l'Age d'Homme.

jeudi 16 septembre 2010

Et quand vint la plénitude des temps


Quand donc furent accomplies les Ecritures suivant lesquelles Jésus devait prendre la forme de l’esclave, quand il se fut fait le serviteur des apôtres et se fut abaissé jusqu’à leur laver et leur essuyer les pieds, quand il les eût persuadés qu’ils devaient apprendre pour eux-mêmes et enseigner aux autres l’humilité, alors Jésus conclut une autre alliance qui devait abolir la pâque ancienne ; il institue la pâque nouvelle pour tous les peuples jusqu’à la vie éternelle.

saint Éphrem de Nisibe: mimré 4, sur la Passion Sancti Ephraem Syri hymni et sermones par Th. J. Lamy

jeudi 2 septembre 2010

recueillement intérieur


D’anciens nobles, des généraux, sont devenus de simples ouvriers, artisans et commerçants, sans mépriser aucun genre de travail et se souvenant qu’il n’en est aucun de déshonorant, du moment qu’il n’implique rien d’immoral… L’école de la vie d’exilé a moralement régénéré et élevé une multitude de personnes… En vérité, beaucoup d’entre eux, hommes et femmes, ont plus de gloire à présent dans leur déshonneur qu’ils n’en possédaient dans leurs années brillantes. La richesse spirituelle qu’ils se sont acquise vaut mieux que la richesse matérielle qu’ils ont abandonnée dans leur patrie et leur âme, tel l’or épuré au feu, s’est purifiée au feu de la souffrance et brûle comme un flambeau qui luit avec éclat. Non sans tristesse, toutefois, nous devons dire que les souffrances sont loin d’avoir eu le même effet sur tous. A l’épreuve, certains se sont révélés n’être ni or ni métal précieux mais paille et chaume qui périt dans la flamme… Se croyant justes et s’imaginant souffrir en victimes innocentes, ces gens ont plus d’orgueil dans le cœur que le Pharisien qui se vantait, mais surpassent souvent le publicain dans leurs péchés…


saint Jean Maximovitch dans La Vénération de la Mère de Dieu dans l’Eglise orthodoxe p.122-123.
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