jeudi 31 mars 2011

Au-delà du tombeau


Dans son Evangile, le Seigneur Christ a embrassé toute la vie de l’homme, tant en ce monde-ci que dans le monde qui se trouve au-delà du tombeau. L’Evangile du Christ est une Bonne Nouvelle pour l’homme, non seulement en ce monde mais aussi dans l’autre. La vie de l’homme au-delà du tombeau est la conséquence naturelle et logique de la vie qu’il a menée en ce monde. C’est là l’une des principales vérités de l’Evangile : la Bonne Nouvelle que le Sauveur nous a apporté concernant la vie que connaîtra l’homme au-delà du tombeau consiste à nous montrer ce qu’il en adviendra de l’homme lorsqu’il sera mort en sa chair et qu’il partira en son âme immortelle pour l’autre monde, quelle est la destinée qui l’attend alors, et quelle sera son éternité.




saint Justin de Tchélié (Popovitch) dans Philosophie orthodoxe de la Vérité, Tome 5, p.364.

lundi 7 mars 2011

Toute la sagesse de la vie


CHEMINANT DU NON-ETRE VERS LE TOUT-ETRE, l’homme marche à travers les merveilleux mystères de Dieu, revêtu des habits enchanteurs de la matière et de l’esprit. Plus il s’éloigne du non-être, plus il s’approche du tout-être, plus il a faim d’immortalité et de non-péché, et plus il a soif d’immuabilité et d’éternité. Le péché l’attire tyranniquement vers le non-être, et par la mort s’empare avidement de l’âme. Toute la sagesse de la vie est là : vaincre le néant, en soi et autour de soi, se plonger tout entier dans le tout-être. C’est cette sagesse qu’enseigne la philosophie du Saint Esprit, car elle est sagesse et connaissance, sagesse bénie et connaissance bénie sur la nature de l’être.


saint Justin de Tchélié (Popovitch) dans Philosophie orthodoxe de la Vérité, Tome I, Préface p.45.


samedi 12 février 2011

cf. Luc 17: 21


Mais le bonheur ne consiste pas dans le fait de savoir ce qu’est la santé, mais de vivre sain. Le Seigneur ne béatifie pas ceux qui savent Dieu, mais ceux qui possèdent Dieu.




saint Grégoire de Nysse, Les béatitudes 6, 4.

mardi 25 janvier 2011

cf. Col. 2: 8


Si le Christianisme n’avait été (comme beaucoup le croient aujourd’hui) qu’une eschatologie, un appel à rejeter le monde et à se tourner entièrement vers le Royaume à venir, « qui n’est pas de ce monde », l’acceptation par l’Eglise de cette fonction aurait signifié que l’Eglise prenait le parti « du monde ». Or le témoignage des martyrs avait démontré que les chrétiens ne séparaient pas la religion de la vie, mais affirmaient que l’homme tout entier et toute sa vie appartenaient au Royaume du Christ. Tout le sens du message chrétien était que le Royaume de Dieu approchait avec la venue du Christ et était devenu la semence d’une vie nouvelle, ici et maintenant, dans ce monde. A la lumière du règne du Seigneur, rien au monde ne pouvait désormais prétendre constituer une valeur absolue : ni l’Etat, ni la culture, ni la famille. Tout était subordonné à l’unique Seigneur. Telle était la signification du refus chrétien d’accorder ce titre de "Seigneur" à l’empereur.




père Alexandre Schmemann dans Le chemin historique de l’Orthodoxie, p.118 YMCA-Press


dimanche 26 décembre 2010

Devenu parent selon la chair



Parlant de ces deux aspects du Seigneur Jésus, de sa naissance surnaturelle et de son absence de péché, saint Syméon le Nouveau Théologien dit : « Dieu le Verbe, notre Créateur, d’une manière que Lui seul connaît et dont seul il est capable, est descendu sur terre et est devenu homme, non point par un mode de conception humain, mais du Saint Esprit et de Marie la toujours-Vierge, comme il est écrit : Et le Verbe est devenu chair et il a habité parmi nous (Jean 1, 14). Il est devenu homme parfait de corps et d’âme, et non point à la manière de la conception humaine. Le Fils et Verbe de Dieu et Dieu a pris corps de Marie, la Mère de Dieu et l’a transformé en homme parfait avec l’âme et le corps, pour qu’il soit un véritable fils d’Adam. Devenu homme, semblable en tout à nous sauf le péché, il est de ce fait aussitôt devenu parent selon la chair de tous les hommes. Mais le Christ, étant simultanément et Dieu et homme, de même qu’il est et reste saint selon la Divinité, est et reste saint selon l’humanité, et de corps et d’âme, très saint et sans aucune souillure » (Discours 35, 1-2).


Saint Justin (Popovitch) de Ćelije dans sa Dogmatique de l'Eglise orthodoxe Tome II p.75 éd. L’Age d’Homme.

lundi 20 décembre 2010

Confirmation de la foi en l'Incarnation


On ne peut limiter l’art des icônes ni à une école, ni à un auteur, aussi génial soit-il, ni à aucune autre caractéristique superficielle. Tout cela est accidentel. De même, l’iconographie ne peut être représentée par un seul auteur ou une seule école, ni même par telle ou telle technique. L’essentiel, dans l’iconographie, c’est son but, qui est le témoignage de l’Incarnation, et par là l’aide qu’elle apporte à tout homme dans sa communion avec Dieu. C’est bien une aide, et non pas une fonction d’intermédiaire, que l’iconographie est appelée à fournir, « car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous » (1 Tm 2, 5-6). Cette aide consiste à témoigner de la possibilité du perfectionnement spirituel, de la transfiguration de l’humanité, représentée sur l’icône. Elle pousse le fidèle à aspirer à cette perfection, c’est-à-dire, finalement, à œuvrer pour sa déification (théosis).

Père Georges Drobot dans Icône de la Nativité p.49-50.

samedi 4 décembre 2010

cf. Marc 9:23


Quelque bonne pensée te vient-elle à l’esprit ? Arrête-toi ! En aucun cas ne te précipite pour la réaliser sans l’examiner, sans l’examiner, sans réfléchir. Ressens-tu dans le cœur quelque bonne inclination ? Arrête-toi ! Ne te laisse pas entraîner par elle. Consulte l’Evangile. Examine si ta bonne pensée ou si la bonne inclination de ton cœur sont conformes au saint enseignement du Seigneur. Très vite tu verras qu’il n’y a aucun accord entre le bien de l’Evangile et le bien de la nature humaine déchue. Le bien de notre nature déchue est mêlé de mal, et c’est pourquoi il est lui-même devenu mal, comme un mets délicieux et sain devient poison lorsqu’on l’y mélange.

Garde-toi de faire le bien de la nature déchue. En le faisant, tu travailles à ta propre chute, tu développes en toi la présomption et l’orgueil, et tu finiras par avoir une extrême ressemblance avec les démons. Au contraire, en accomplissant le bien selon l’Evangile, comme un vrai et fidèle disciple du Dieu-Homme, tu deviens semblable à Lui. Celui qui aime sa vie la perd, a dit le Seigneur, et celui qui cesse de s’y attacher la gardera pour la vie éternelle (Jn 12, 25).

saint Ignace (Briantchaninov) dans Introduction à la tradition ascétique de l’Eglise d’Orient  p.35

vendredi 26 novembre 2010

La source inépuisable de la grâce


Toute opération divine dans le monde créé appartient inséparablement aux trois Personnes de la Trinité, car elles n’ont qu’une même opération, comme elles ont une unique essence. Mais chacune cependant de ces divines Personnes l’exerce selon son mode propre. En ce qui concerne les énergies qui sanctifient l’homme, le Père en est la source première ; le Fils, dont la sainte humanité elle-même, depuis la Résurrection, possède la plénitude de la grâce déifiante, la communique aux hommes à travers cette nature humaine glorifiée, faisant d’eux les membres de son Corps, dont ils reçoivent ainsi la vie divine ; le Saint-Esprit, dont le nom, en hébreu et en grec évoque le souffle et l’inspiration, a de ce fait une affinité particulière avec cette grâce, appelée don du Saint-Esprit, dont le chrétien reçoit les prémices au baptême.




Archimandrite Placide Deseille dans : [ corps – âme – esprit ] par un orthodoxe p.26-27

vendredi 5 novembre 2010

Abba, dis-moi une parole


L’Abba Palladios disait : l’âme qui veut vivre selon la volonté du Christ devrait apprendre attentivement ce qu’elle ne sait pas encore, ou enseigner ouvertement ce qu’elle sait.  Mais si, alors qu’elle le peut, elle ne désire faire aucune de ces deux choses, c’est qu’elle est atteinte de folie. Car ceux qui s’éloignent de Dieu commencent par être dégoûtés d’apprendre et éprouvent un manque d’appétit de ce dont l’âme est affamée quand elle cherche Dieu.

vendredi 22 octobre 2010

« déification » but de la vie chrétienne


Que le contenu du salut apporté par le Christ aille jusqu’à une divinisation de l’homme (corps, âme et esprit) par les énergies divines incréées de la Sainte Trinité, voilà qui, sans doute, n’est pas très familier à la conscience chrétienne occidentale. Et pourtant, en cette vérité le cœur du christianisme et l’affirmation chrétienne la plus proche, peut-être, des attentes secrètes, des aspirations profondes et implicites que porte en lui l’homme contemporain, insatisfait d’une existence qui a perdu le sens du geste vertical, de la troisième dimension.

Cette vérité centrale du christianisme, nous la sentons sous-jacente à tous les textes liturgiques. De ces derniers on peut dire qu’ils constituent un hymne ininterrompue à la lumière divine manifestée dans les saints, mais, avant tout, bien sûr, dans la théophanie de Celui que l’Eglise appelle : « Soleil immortel de la gloire », « Auteur de la lumière », « Astre sans crépuscule », « Soleil de justice », « Etoile du matin et de la justice », « la Lumière intemporelle », « lumière du monde », « Chandelier porteur de lumière », « Celui qui, comme d’un vêtement, est revêtu de lumière ».

Tout au long de l’année, l’Eglise chante cette lumière incréée des énergies divines resplendissant sur le visage de ceux qui ont acquis le Saint Esprit.

Père André Borrély dans l’homme transfiguré p.163-164
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