vendredi 3 mai 2013

Cf. Heb. 1: 2-3




Par conséquent, puisque nous avons été livrés avec justice à la servitude du diable et à la mort, il fallait aussi absolument que le retour du genre humain à la liberté et à la vie fût accompli par Dieu avec justice. Non seulement l’homme fut livré au jaloux, dans la justice divine, mais le diable lui-même rejeta loin de soi la justice ; s’étant, dans l’iniquité, passionnément épris du pouvoir, de la souveraineté, ou plutôt, de la tyrannie, et combattant contre la justice, il usa de sa puissance contre l’homme. Aussi plut-il à Dieu de renverser le diable d’abord à l’aide de Sa justice, contre laquelle celui-ci ne cesse de combattre, et ensuite, à l’aide de Sa puissance, par la résurrection et le jugement à venir : car tel était l’ordre le meilleur, que la justice précédât la puissance ; telle était l’œuvre d’une souveraineté vraiment divine et bonne, non d’une tyrannie, que la puissance suivit la justice. Car de même que « celui qui depuis le commencement est le meurtrier de l’homme » (Jn. 8 : 44) s’est soulevé contre nous par jalousie et par haine, de même le Prince de la vie, dans la surabondance de Son amour pour l’homme et de Sa bonté, S’est mû pour nous […]

saint Grégoire Palamas Discours sur l’économie de l’incarnation, Homélies, YMCA Press, p.116-117

mardi 23 avril 2013

Cf. 1 Cor. 6 : 17




Oui, mes pères et frères, ce que nous avons amassé, naguère, n’acceptons pas de le perdre, efforçons-nous plutôt de l’accroître, et ce que par le passé nous avons eu le bonheur d’édifier, ne le détruisons pas. Que chacun d’entre vous se rappelle le profit trouvé dans le jeûne, de quels dons Dieu l’a gratifié dans ce peu de jours, et qu’il devienne pour l’avenir encore plus ardent.

saint Syméon le Nouveau Théologien cité dans Le Grand Carême, Bernard Le Caro, éd. des Syrtes, p. 133

samedi 20 avril 2013

Un art trans-figuratif !




Pourquoi l’Eglise attribue-t-elle une si grande importance à l’icône ?

Parce que l’icône n’est pas une simple image, ni une décoration, ni même une illustration de la Sainte Ecriture. Elle est quelque chose de plus grand. Elle est un objet cultuel et fait partie intégrante de la liturgie. Dans son image sacrée l’Eglise voit non pas un des aspects de l’enseignement orthodoxe, mais l’expression de l’Orthodoxie dans son ensemble, l’expression de l’Orthodoxie comme telle. L’icône est une des manifestations de la Tradition sacrée de l’Eglise au même titre que la tradition écrite et la tradition orale. […] l’icône, selon l’enseignement de l’Eglise, correspond entièrement à la parole de l’Ecriture. « Ce que parole communique par l’ouïe, la parole le montre silencieusement par la représentation », dit saint Basile le Grand (Hom. 19 sur les 40 martyrs. PG 31, 509 A.). Et les Pères du Septième Concile Œcuménique répètent ces paroles et précisent : « par ces deux moyen qui s’accompagne l’un l’autre… nous recevons la connaissance des mêmes réalités » (Mansi XIII, 300 C.).


L. Ouspensky, Essai sur la théologie de l’icône dans l’Eglise Orthodoxe, éd. de l’Exarchat Patriarcal Russe…, 1960, p.10 

jeudi 31 janvier 2013

Cf. 1 Tm. 3.16




Cette condescendance économique de Dieu, inaccessible dans sa nature, correspond chez saint Jean Chrysostome aux opérations ou énergies manifestatrices descendant jusqu’à nous – que nous avons rencontrées chez saint Basile et saint Grégoire de Nysse. Moraliste plus que théologien, Chrysostome prête à ces manifestations de Dieu, à cette sortie en dehors de son essence, une nuance psychologique : c’est une volonté clémente qui condescend à la condition inférieure des êtres créés. Il semble que, pour saint Jean Chrysostome, cette descente miséricordieuse se réduit finalement à l’incarnation du Fils. Etant l’image parfaite du Dieu invisible, le Fils est lui-même invisible : autrement, il ne serait pas l’image du Père. En se manifestant dans la chair, il est devenu visible aussi aux anges



Vladimir Lossky, Vision de Dieu, éd. Delachaux & Niestlé, p.78

lundi 24 décembre 2012

Joyeuse fête de la Nativité


Lui qui est de condition divine, n'a pas considéré comme une proie à saisir d'être l'égal de Dieu, mais, à la plénitude des temps, s'est anéanti lui-même en prenant notre condition (cf. Phil 2, 6-7), conçu selon la loi de la nature et enfanté par Marie, la toujours vierge, de par la bienveillance du Père et la collaboration du Saint-Esprit, à la fois Dieu et homme; en tant qu'homme véritable, Il est devenu en tout semblable à nous, à l'exception du péché (cf. Héb 4,15), demeurant ce qu'Il était – Dieu véritable –, unissant sans confusion ni changement les deux natures, volontés et énergies, tout en demeurant Fils unique en une seule hypostase, même après l'Incarnation.


Extrait de la confession de foi de saint Grégoire Palamas

http://www.forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?f=1&t=1887&p=12044&hilit

lundi 17 décembre 2012

Ordre sacré




L’ordre hiérarchique implique que les uns soient purifiés et que les autres purifient, que les uns soient parfaits et que les autres accomplissent l’initiation perfective.

saint Denys l’Aréopagite, 1, La hiérarchie céleste éd. Sc 58, p.87

lundi 3 décembre 2012

Se garder de tomber




L’humilité est une pratique entièrement personnelle. Lorsqu’on l’a réalisé, lorsqu’on se tourne vers le monde, vers les hommes ou vers la Création, l’humilité est une humiliation devant tous, elle donne à l’homme une faible idée de lui-même. […] « L’humble ne tombe en effet jamais, dit saint Macaire ; comment pourrait-il tomber, lui qui est plus bas que tous ? »

L’humilité est la seule arme qui soit capable de vaincre le Diable.

 

saint Justin Popovitch Les voies de la connaissance de Dieu, L’Age d’Homme, p.61

lundi 22 octobre 2012

Suggestion diabolique



 
Il est remarquable que les Pères représentent rarement notre lutte spirituelle comme un combat entre les anges et les démons, mais bien plus souvent comme une guerre de l’homme contre Satan. Les anges, bien sûr, nous aident et nous protègent dans cette bataille, mais ce ne sont pas les anges qui s’opposent à Satan ; c’est le Christ lui-même ainsi que la grâce du Saint-Esprit, qui par sa présence détruit les tentations démoniaques. Ainsi par exemple, saint Cyrille de Jérusalem, évoquant, dans une de ses Catéchèses, les ténèbres introduites dans notre esprit par les puissances impures, parle immédiatement du Saint-Esprit qui se mêle à la lutte, nous instruit et nous emplit de son odeur suave (Catéchèses mystagogiques III)

 

Archevêque Basile Krivochèine dans : Dieu, l’homme, l’Eglise, les anges et les démons dans la vie spirituelle, ed. Cerf, p.81

mardi 4 septembre 2012

Nous t’exaltons





Il n’est pas de mots, ni d’intelligence assez talentueuse pour exprimer la grandeur de celle qui naquit de la race humaine pécheresse mais devint « plus vénérable que les chérubins et incomparablement plus glorieuse que les séraphins ». « Voyant la grâce des mystères de Dieu se manifester dans la Vierge et s’accomplir clairement, je suis dans la joie, bien qu’incapable d’en concevoir le mode étrange et indicible. Comment la Toute Pure a-t-elle été seule choisie parmi toutes les créatures, visibles et invisibles ? Voulant la célébrer, mais muet d’étonnement, je suis frappé d’impuissance en mon esprit comme en mes paroles. Cependant, j’oserai encore la proclamer et la magnifier : elle est le tabernacle céleste » (Ikos de l’entrée au Temple). « Nulle langue n’est capable de te chanter dignement ;  pour tout esprit, même hypercosmique, ta louange est un vertige. Toi qui es bonne considère notre foi et notre désir ardent. Protection des chrétiens, nous t’exaltons » (office de la Théophanie, hirmos de la neuvième ode).

 

saint Jean Maximovitch dans: La Vénération de la Mère de Dieu dans l’Eglise orthodoxe, l’Age d’Homme, p.66-67

samedi 30 juin 2012

La prière assure la liberté



La prière libère l’homme, le dégage de la nature extérieure et de lui-même. De la sorte, elle tient l’âme ouverte à Dieu en tant que personne. Celui qui ne prie pas reste esclave, enclos dans le mécanisme complexe de la nature extérieure et des penchants de ses passions, qui dominent l’homme plus encore que ne le fait la nature.



R.P. Dumitru Staniloaë Prière de Jésus et expérience du Saint-Esprit, DDB, p.59
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