mardi 31 août 2010

Crépuscule permanent


La lumière



La profondeur invisible de l’espace et son mystère peuvent être suggérés dans l’art et par l’obscurité et par l’effet d’une lumière éclatante ; celle-ci, par le jeu des ombres et des pénombres où elle se plonge et d’où elle émerge, donne aussi à l’espace une atmosphère particulière. Nous prenons spécialement conscience de cette atmosphère lorsque les rayons lumineux se déploient à travers la poussière, la buée, les fumées de l’encens, à l’intérieur d’une église. Mais de toute façon, même réduite à elle-même, la lumière semble répandre dans l’espace sa propre poussière immatérielle, ses milliers de fines particules qui le rendent presque palpable. Si bien que même là où la lumière arrive ou cesse brusquement, nous savons que cette profondeur invisible ou ces hauteurs inaccessibles ne sont pas vides. Notre horreur instinctive du chaos est ainsi surmontée. Autrement dit, l’espace n’a d’existence esthétique que par la lumière ; c’est elle qui lui donne son atmosphère propre, ses vibrations, son dynamisme, qui en fait la matrice de toute vie, de tout ce qui existe. La surface polie des revêtements et des mosaïques de l’église byzantine capte à merveille ces milliers de reflets lumineux, ces mille scintillement continuels ; elle donne force et mouvement à l’espace, ainsi que la montée progressive de la lumière qui de l’obscurité d’une voûte lointaine passe par les demi-teintes et les pénombres des espaces intermédiaires à l’éclat éblouissant de la coupole, que traversent les rayons du soleil. Chaque église byzantine organise ainsi savamment son éclairage.


P.A. Michelis dans Esthétique de l’art byzantin, p. 126

vendredi 20 août 2010

cf. Marc 3: 35



Ne prie pas pour que tes volontés s'accomplissent : elles ne concordent pas nécessairement avec la volonté de Dieu. Prie plutôt, suivant l'enseignement reçu, en disant : « que votre volonté s'accomplisse en moi » ; en toute chose, demande-lui que sa volonté se fasse ; car Lui, Il veut le bien et l'avantage de ton âme, alors que toi, tu ne cherches pas nécessairement cela.


Evagre le Pontique "Philocalie"

mercredi 11 août 2010

que le vin de l'Eglise


-Père Avvakoum, quelle est ta position à l'égard de la philosophie ?

- La vraie philosophie, mon enfant, répondit-il, on la trouve dans les Evangiles, dans les lettres de l'Apôtre Paul et ailleurs dans l'Ecriture, comme aussi dans les œuvres des Pères et les Vies des Saints. Mais ce qui d'une manière générale est appelé philosophie, en comparaison de ces œuvres-là dont elle est tout-à-fait indigne, est une bien piètre chose. Ecoute ce que dit Paul dans sa Première Epître à Timothée: "Mon enfant Timothée, garde le dépôt, en évitant les discours vains et profanes, et les disputes de la fausse science dont font profession quelques-uns, qui se sont ainsi détournées de la foi" (6, 20-21).

Avvakoum le zélote aux pieds nus p.73

dimanche 8 août 2010

Abba, dis-moi une parole


Un jour abba Arsène fut assailli dans sa cellule par des démons qui le tourmentèrent. Ses serviteurs venant le visiter et se tenant à l'extérieur de la cellule, l'entendirent crier vers Dieu et dire : « O Dieu, ne m'abandonne pas. Je n'ai rien fait de bien en ta présence ; mais dans ta bonté donne-moi de commencer. »

vendredi 30 juillet 2010

cf. Eph. chapitre 3


La vie de l’Eglise est tout entière un incessant service de Dieu, un incessant service divin, et c’est pourquoi chaque jour est un jour de fête pour l’Eglise. Un fait saute aux yeux, c’est chaque jour dans l’Eglise on offre un service à Dieu et on fête un ou plusieurs Saints. Toute la vie dans l’Eglise représente ainsi un interminable service divin, et c’est pourquoi l’on y vit sans cesse avec tous les saints (Eph. 3,18). Les Saints d’aujourd’hui nous confient à ceux de demain, ceux de demain à ceux d’après-demain et ainsi de suite, le cercle de l’année ne cesse jamais de tourner. En célébrant les Fêtes et les Saints, nous expérimentons dans notre vécu, par la prière comme dans la réalité, leur grâce et leurs saintes vertus à la mesure de notre foi. Les Saints ne sont rien d’autre en effet que la personnalisation et l’incarnation de toutes les saintes vertus évangéliques, ces dogmes immortels de notre foi et notre salut.


Saint Justin de Celje dans : Philosophie orthodoxe de la Vérité, Tome 5 p.311-312

samedi 10 juillet 2010

cf. Galates 3: 24


Dans la tradition judéo-biblique domine cependant la conception selon laquelle la connaissance fondamentale pour l’homme se trouve en Dieu et en ses paroles, ou bien en sa Loi, si bien que la connaissance commence en l’homme par la reconnaissance de la Loi de Dieu, non tant cependant dans l’esprit que dans le « cœur » de l’homme. (Cf. par exemple le Ps. 118 en son entier)



Mgr Athanase (Jevtitch) dans "Etudes hésychastes" p.32, éd. L'Age d'Homme.

vendredi 2 juillet 2010

Dieu est un feu, notre âme une lampe.


Dieu est un feu, notre âme une lampe.

La lampe a beau avoir son huile, avec la mèche, tant qu’elle n’a pas reçu le feu, elle reste obscure.

L’âme a beau s’orner en apparence de toutes les vertus, sans avoir reçu le feu, elle reste éteinte, et ses œuvres douteuses.


saint Syméon le Nouveau Théologien  Catéchèse 32

dimanche 27 juin 2010

....aidé de Ta Grâce, je veux commencer à Te servir


La providence plus haute a voulu opérer un mélange de l’intelligible et du sensible, afin que rien dans la création, nous dit l’Apôtre (1 Tm. 4, 4), ne soit rejeté ni privé de la participation aux privilèges divins. Voilà pourquoi se manifeste dans l’homme le mélange de l’intelligible et du sensible opéré par la nature divine, comme l’enseigne le récit de la création du monde : « Dieu, dit-il en effet (Gn 2, 7), ayant pris de la terre, en façonna l’homme, et de son propre souffle introduisit la vie dans son ouvrage ». Ainsi, ce qui était fait de terre s’élèverait par son union avec la Divinité, et une seule et même grâce se répandrait à travers toute la création, la nature inférieure se mêlant à celle qui est au-dessus de ce monde.

saint Grégoire de Nysse "Catéchèse de la foi" ch.2

lundi 14 juin 2010

vers les promesses de Dieu


LE CALICE AMER DU CHRIST, symbole de notre salut. Le calice rempli du sang du Christ représente la Nouvelle Alliance de Dieu et des hommes. « Cette coupe est la nouvelle alliance », dit l’Apôtre (1 Cor 11, 25). Le Seigneur le dit Lui-même : « Buvez-en tous, car ceci est Mon sang, le sang qui garantit l’alliance de Dieu » (Mt 26, 27-28). L’Ancienne Alliance était fondée sur le sang d’animaux privés de raison, la Nouvelle sur le sang du Juste, le sang de Celui qui est la raison même –l’unique est vraie raison de Dieu.


saint Nicolas de Jitcha ( Vélimirovitch)  dans: "LES SYMBOLES ET LES SIGNES" ch.VIII, 12, p.48

vendredi 11 juin 2010

cf. Psaume 1 (LXX)


Si l’Ennemi te suggère toutes sortes de pensées et de sentiments pécheurs, ou s’ils s’élèvent d’eux-mêmes de ta nature déchue, ne t’effraie pas et n’en sois pas surpris comme si c’était quelque chose d’extraordinaire. Dis-toi : « J’ai été conçu dans l’iniquité et je suis né dans le péché. Il est impossible à ma nature déchue, à tel point contaminée par le poison du péché, de ne pas révéler son infection ».

C’est exact : il est impossible à notre nature déchue de ne pas produire son fruit, spécialement quand elle commence à être défrichée et cultivée par les commandements évangéliques.

saint Ignace Briantchaninov dans "Introduction à la tradition ascétique de l'Eglise d'Orient" p.140
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